歌词
À Monsieur Charles Poncy, à Toulon
Nohant, le 8 mars 1848
Vive la République, quel rêve, quel enthousiasme
Et, en même temps, quelle tenue, quel ordre à Paris
J'en arrive, j'y ai couru
J'ai vu s'ouvrir les dernières barricades sous mes pieds, j'ai vu le peuple
Le peuple français, grand, sublime, naïf, généreux
Le peuple français, réuni au cœur de la France, au cœur du monde
Le plus admirable peuple de l'univers
J'ai passé des nuits sans dormir, bien des jours sans m'asseoir
On est fou, on est ivre
On est heureux de s'être endormi dans la fange et de se réveiller dans les cieux
La République est conquise, elle est assurée, nous y périrons tous plutôt que de la lâcher
Le gouvernement est composé d'hommes excellents pour la plupart
Ils veulent le bien, ils le cherchent, ils l'essayent
Ils sont dominés sincèrement par un principe supérieur à la capacité individuelle de chacun
La volonté de tous, le droit du peuple
D'un bout à l'autre de la France, il faut que chacun aide la République et la sauve de ses ennemis
Le désir, le vœu fervent des membres du gouvernement provisoire
Est qu'on envoie à l'Assemblée nationale des hommes qui représentent le peuple
Et dont plusieurs, le plus possible, sortent de son sein
Il faut que chacun donne tout son temps, tout son cœur
Toute son intelligence, toute sa vertu à la République
Les poètes peuvent être, comme Lamartine, de grands citoyens
Les ouvriers ont à nous dire leurs besoins, leurs inspirations
Je repars pour Paris dans quelques jours probablement, pour faire soit un journal, soit autre chose
Je choisirai le meilleur instrument possible pour accompagner ma chanson
J'espère que nous nous retrouverons tous à Paris, pleins de vie et d'action
Prêts à mourir sur les barricades si la République succombe
Mais non, la République vivra, son temps est venu
C'est à vous, hommes du peuple, à la défendre jusqu'au dernier soupir